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Pedro Marzorati. Nuit Blanche 2016



1er octobre 2016. « Plus haut que le Ciel » a défié l’espace de Saint-Merry. Du sol à la voûte, l’installation a transformé le mythe de la tour de Babel

« Plus haut que le Ciel », du plasticien argentin Pedro Marzorati, s’est inscrit dans une conjoncture angoissante : après les attentats, avant des élections incertaines — où les maîtres mots sont : identité, sécurité, être ensemble—, dans une Europe fracturée qui recherche ses valeurs d’origine.

L’œuvre de cet artiste, qui aime à détourner les codes en vue de créer des sursauts collectifs, parle de spiritualité et fait dysfonctionner les symboliques habituelles de Babel, du Paradis, de l’âme.
Soutenue par toute la communauté de Saint-Merry, qui avait déjà apprécié l’artiste pour son énergie de vie communicative avec « Ouppsss !! » lors de l’exposition de la COP 21, cette installation a mobilisé très large et a été vue par 14 000 personnes.

La Nuit Blanche 2016à Paris et à Saint-Merry

Cet événement incontournable à Paris, proposait un parcours inspiré d’un Best Seller du XVe siècle, « Le songe de Poliphile », l’histoire d’un homme qui parcourt sa ville à la recherche de sa nymphe aux mille visages. Trente-cinq événements, entre installations, performances, chorégraphie et œuvres plastiques, marqueront ce trajet imaginé par Jean de Loisy, le directeur du Palais de Tokyo, entre le Marais et l’Île aux Cygnes. Il fallait une culture traversant les siècles, les espaces et les genres pour proposer une telle programmation structurée en 12 séquences, telles des chapitres de livre ! Voir la présentation par Jean de Loisy

La Nuit Blanche à Saint-Merry, connue pour ses installations sont provocantes par leur forme et par leur sens, est un moment incontournable dans le off, avec trente mille visiteurs habituels. En 2015, « Présages » de Djeff et M. Moo, avec le bateau échoué sur une plage de verre cassé, a été lu comme dénonçant un risque, l’échec du mythe de Noé, et à sa suite celui de la Conférence de Paris ; c’était surtout un appel à réagir. En 2016, une autre exploration d’un mythe célèbre s’est inséré dans un chapitre ou mieux une épreuve du super héros, Poliphile : « Epris, angoissé, il s’apprête aux combats et à la mort. »

Plus Haut que CIEL by Pedro Marzorati from pedro marzorati on Vimeo.

Cette œuvre avait été choisie par le Centre Pastoral Saint-Merry à l’issue d’un appel à projets large et ouvert, qui l’a proposé et défendu ensuite auprès de la Ville de Paris et à Art Culture et Foi,

L’œuvre a été préparée avec le soutien actif de la communauté de Saint-Merry qui a largement contribué à son succès par son Accueil et la mise a disposition d’équipes techniques et de matériels.

Le sens de l’œuvre

Dans chacune de ses installations, Pedro Marzorati offre aux spectateurs l’impression que l’action s’est arrêtée dans le temps, qu’ils sont face à des captures de photos prises dans un film en cours de projection, sans connaître vraiment ni le commencement ni la fin. En 2016, avec l’installation de Saint-Merry, le visiteur semble dans un pays connu, celui de la symbolique et de l’esthétique. Mais le plasticien prend à contre-pied le premier regard ! Cette installation n’est pas une reprise des styles des plasticiens Kawamata et Boltanski , c’est du Marzorati, un bricoleur d’installation avec les moyens adaptés au lieu et au projet, provoquant le plaisir de l’émotion, la recherche de sens chez les visiteurs. Pedro Marzorati a un tempérament communicatif, il veut faire bouger « les lignes ». Ses installations utilisent les matériaux les plus divers et prennent comme enjeu les questions de société et de réchauffement climatique. À Saint-Merry, il a fait dysfonctionner les symboliques habituelles de Babel, du Paradis, de l’âme.

« Plus haut que le Ciel » avait des allures de sablier, les temps des mythes et de l’aujourd’hui s’y mêlant.

Une tour de Babel qui n’est pas construite en briques par des hommes voulant atteindre les cieux, mais faite de ces bancs et chaises qui invitent à s’asseoir et à se rassembler pour réfléchir et discuter, en montant le plus haut possible dans le plaisir de l’argumentation et de l’être ensemble.

Des vêtements, symboles de la vie, qui évoquent spontanément « nos Âmes », éprises de spiritualité. À moins d’y voir un monument érigé dans les airs en hommage aux victimes des attentats. Mais ne sont-ils pas plus encore le miroir de tous ceux qui lèvent les yeux à Saint-Merry, à l’image d’une humanité qui se réunit au-delà de ses différences ?

Pedro Marzorati ne rentre pas dans les débats multiples sur l’âme, mais il parle d’un appel permanent à la spiritualité, à la recherche d’un « Au-delà » de l’expérience humaine et du quotidien, que cet au-delà soit au plus haut ou au plus secret de chacun.

Remerciements

Cet événement a reçu l’appui de :

  • Ville de Paris (Mission Nuit Blanche)
  • Art, Culture et Foi
  • Voir et Dire, le réseau des arts visuels contemporains de Saint-Merry
  • La Ressourcerie Créative
  • Emmaüs France
  • Fées d’Hiver
  • Musique : André Serre-Milan
  • Images vidéos : Sandrine Mulas et Gregor Valerian. Montage ByPM.
  • Réalisation : Anne, Marie-Antoinette, Nicole, Laurent, Youssef, Myriam, Luciane, Mercedes, Brigitte, Michèle, Jacqueline, Danielle, Léopold, Marie Thérèse, Barbara, Dany, Aline et Marie-José
  • Régie : Thomas Monnier
  • Equipes Nuit Blanche de Saint-Merry coordonnées par Adline et Philippe
  • Commissaires de l’exposition, communication : Marie-José Ledru & Michel Micheau

L’équipe de Voir et Dire.


Mais il est dommage que, du fait de l’artiste et de son agent AnaHata, se soit produite, après la Nuit Blanche, une altération profonde des relations initiales de confiance tissées avec le Centre Pastoral.