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Milène Guermont : Plume. Nuit Blanche 2009.



L’œuvre de Milène Guermont, telle qu’un visiteur pouvait la voir dans ses multiples séquences.

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Une nef sombre. Des grandes plumes qui ne sont pas immédiatement reconnaissables glissent sur les piliers de la nef à des rythmes différents au bruit d’un souffle humain, imitant le vent. Elles ne descendent pas de la voûte mais de la hauteur du triforium et s’arrêtent au chapiteau. On aurait tant aimé qu’elles viennent de plus haut et descendent à terre ; la technique ne l’a pas permis. Et puis toutes les dix minutes, une cascade, un grondement.

Sur le mur de la porte d’entrée vers Beaubourg et à l’angle du déambulatoire et du transept, les plumes sont vraiment visibles et ont un mouvement majestueux, leur dessin attire une attention aiguisée, la surface est faite de cratères lunaires.

Sur la porte de la crypte, en bas des escaliers, l’image d’un angelot tout en blanc s’agite légèrement et parle. La foule entoure la barrière, se penche et tente de percevoir les mots.

Dans la chapelle des expositions, un bruit permanent d’enfants qui rient et sur le mur deux nuages de points blancs, des plumes vibrent lentement à côté des statues d’ange.

Au-dessus de l’orgue, un autre nuage de points blancs, il doit donc y avoir une sculpture d’ange.

Sur un des vitraux, l’éclat d’un projecteur sur un ange musicien, tout en or.

Sur le tableau d’autel à droite de l’entrée du chœur, une vierge à l’enfant qui n’est éclairée que par deux petits nuages de points blancs à ses pieds qui se mettent à frémir régulièrement. En s’approchant, ce sont bien des plumes stylisées.

Dans le bas-côté gauche, un petit bénitier à portée de main, et là sans nul doute c’est bien une plume, avec ses curieux cratères. Elle danse lentement. On a envie de la saisir. Elle échappe. « Noli me tangere ? »
Enfin, au fond près des voûtes, un immense angelot blanc, qui secoue ses ailes régulièrement, et dont le corps bouge légèrement. Avec ses clefs c’est sans nul doute l’image vidéo de l’ange de la porte de la rue de la verrerie. Il dit des phrases. C’est du Bachelard. Les visiteurs le voient clairement, s’arrêtent quelques instants et profitent des chaises le long du mur, pour se reposer. Ils discutent aussi.

Ailleurs, tout est dans l’obscurité, les visiteurs se frôlent, se voient à peine, parlent à demi mots.

L’œuvre racontée par l’artiste

Une double origine

1) Milène fait des sculptures et des objets dans un béton spécial, le béton cratères, qui est lourd. Elle a voulu donner au béton des caractéristiques de légèreté qu’il n’a pas. Seule la vidéo pouvait transformer ce béton, la plume étant ce qu’il y a de plus léger. Des plumes immenses à l’échelle de l’église
2) Après avoir visité l’église, qu’elle a trouvé hétéroclite ; elle a constaté qu’il y avait beaucoup de figures d’ange. De la plume à l’ange, il n’y a qu’un souffle de créateur…La plume et les anges donnent une unité et de l’harmonie le temps d’une nuit

« Avec cette pluie de plumes qui balaie l’église, s’instaure un équilibre fragile et contradictoire entre harmonie et chaos, que symbolisent les anges … perdant leurs plumes.

Toutes les dix minutes, la pluie se fait entendre, c’est le déluge : les plumes tombent en trombe, serait-ce les anges qui chahutent ? »

L’œuvre est une installation polysensorielle ; c’est une invitation à toucher, à se laisser toucher.

Toucher ou simplement toucher différemment …

Toucher un peu de béton par le regard, l’image caressant les pierres de Saint Merry, avec ses propres mains

Et il y a le souffle : le langage sans mot, la brise de la mer, celle de l’émotion.

Le point de départ de son travail est la synesthésie, c’est-à-dire l’association d’expériences sensorielles et intellectuelles que chacun peut éprouver. La madeleine de Proust en était une bonne illustration. Pour Milène c’était le lien entre béton, celui du Havre et des blockhaus, et la mer de Normandie de son enfance, si proche !

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