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Malala Andrialavidrazana. Figures 1856, Leading races of man



Nouvelle approche à la Galerie Saint-Séverin avec un splendide grand format. « A la croisée des chemins, parfois les rêves s’envolent ».

Changement de style, changement de lignes artistiques, changement de muséographie. Retour à la cimaise pour la Galerie Saint-Séverin qui a souvent accueilli des installations.

Extrait d’une vaste série de 2016, un unique collage en grand format, mais splendide, attire le regard depuis la rue. Plusieurs récits visuels se superposent de manière claire, compréhensible, dans cette œuvre de l’artiste malgache Malala Andrialavidrazana.
Tout y est parfaitement structuré et quasiment brodé. L’artiste décentre l’histoire du monde construite pendant si longtemps sur le mode occidental.

La nouvelle micro exposition traduit un choix curatorial heureux.
« Le fil rouge qui sous-tend le choix des artistes pour cette année est celui de la notion de déplacement d’une manière générale et plus particulièrement les questions de migration, d’exil, etc.. L’artiste incarne, de par sa vocation, ce positionnement, car il s’inscrit en marge de la société faisant souvent un pas de côté par rapport à la plupart des personnes » présente Odile Burluraux, Conservatrice au musée d’Art moderne de Paris. Les expositions contemporaines : Dead Line, Hartung, Mohamed Bourouissa, Urban Riders, comptent parmi ses réussites, au-delà du champ de la vidéo contemporaine dont elle a la charge.
Jean Deuzèmes

« Je suis intéressée par le mélange des cultures dans le temps et les territoires à travers des réseaux complexes d’échanges humains et culturels.  » Malala Andrialavidrazana

Présentation par la commissaire :
Après avoir réalisé de nombreuses séries de photos sur plusieurs continents, Malala Andrialavidrazan, a entrepris, depuis 2015, la série Figures, des collages de grands formats. Ce sont des compositions élaborées à partir d’éléments picturaux qu’elle collecte et recadre : vieilles cartes du monde, billets de banque, timbres, drapeaux, pochettes d’album, archives visuelles. Ces photomontages constituent autant de récits de l’histoire du globe et de la circulation des hommes. L’artiste crée ainsi de nouvelles formes d’échanges tout en interrogeant les notions de territoire, d’exploration, de rencontre, d’exotisme, de nationalisme, de métissage culturel, mais aussi de survivances coloniales.
Pour la galerie Saint-Séverin, elle montre Figures 1856, Leading races of man. La carte du monde date du milieu du 19e siècle à une époque où la géographie véhiculait des stéréotypes racistes à l’égard de certains peuples. S’y juxtaposent au premier plan une histoire de l’évolution de l’humanité, un filet de pêche reliant des hommes en arrière-plan. On ne peut s’empêcher de penser à la raréfaction actuelle du poisson en mer, les chaloupes chargées d’hommes embarqués vers des horizons incertains le confirment. Les motifs du pourtour de l’œuvre proviennent de billets de banque du Nigeria alors que le visage de la femme est extrait d’un billet malgache.

En réorientant le sens initial de ces images à travers un processus de déconstruction et de construction, Malala Andrialavidrazana crée des tensions entre les éléments qui les composent. Malgré la dureté des sujets évoqués une impression sereine s’en dégage et nous invite à la réflexion, à voir le monde sous un jour nouveau.  »
Odile Burluraux


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Exposition visible jour et nuit du 10 décembre 2019 au 1er mars 2020

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