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THE NEW BERLIN, 1912-1932 <27 - 01-19

mercredi 14 novembre 2018

La fin de la Première Guerre mondiale aura donné lieu à bien des commémorations.
L’exposition « The new Berlin, 1912-1935 » des Musées royaux des Beaux-arts de Breuxelles invite le public non seulement à visualiser ce Berlin mythique devenu la 3e plus grande métropole après New York et Londres et l’effervescence d’une période qui fait écho à notre présent dès qu’on l’envisage sous l’angle politique lui-même induisant la question très actuelle de la redéfinition de la démocratie.

Dans l’esprit des cabarets de l’entre-deux-guerres, le musée intègre au propos visuel, un lieu de débats, performances, happenings, musique, workshop, poésie, cinéma et lectures spectacles entremêlant l’Histoire, le présent et le futur. Le parcours met aussi en évidence les liens qui ont toujours existé entre les créateurs allemands et belges, et ce malgré les cris de haine nationalistes. L’époque, entre 1912 et 1932, est brûlante, violente, et pas qu’en temps de guerre. Avant, après, on assassine, on se déchire, on ose aussi.
En 1912, Herwarth Walden ouvre la galerie « Der Sturm » à Berlin qui accueille parallèlement des œuvres des Belges James Ensor et Rik Wouters. Un peu plus tard, la rétrospective Kandisnsky initiée par Der Sturm est exposée à Bruxelles. Quelques jours avant l’attentat de Sarajevo, l’architecte Henri Van De Velde participe à l’exposition du Werkbund à Cologne. Pendant la guerre, sur le front de l’Yser, artistes allemands et belges se rencontrent. L’internationalisme prôné par les expressionnistes et bientôt les dadaïstes n’est pas un vain slogan. L’après-guerre précipite l’Allemagne dans des oppositions idéologiques qui enfument les cabarets, enflamment les rues et brûlent l’imaginaire critique des peintres. Otto Dix, Georges Grosz bien sûr, mais tant d’autres, dessinateurs, photographes, cinéastes. Clément Pansaers, leader du dadaïsme belge est à Berlin aux côtés des leaders du mouvement révolutionnaire mené par Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg. Il est rejoint par d’autres poètes pour la plupart. Alors que se tient la première foire Dada à Berlin, en juin 1920, Marthe Donas (dont une rétrospective gantoise vient récemment de réhabiliter le travail) expose dans la galerie Der Sturm. Moins d’un an plus tard, des graveurs sur bois allemands sont pour la première fois invités à exposer à Anvers aux côtés de leurs homologues belges. Les exemples, nombreux encore jusqu’à l’arrivée de Hitler au pouvoir, prouvent une chose : les frères ennemis de la veille sont confrontés à une même crise de l’idéal sociétal né avec le développement industriel et l’ambition des États-nations. Leurs oeuvres, si différentes les unes des autres, s’en font l’écho sur fond des noirceurs figuratives ou de la géométrie des représentants du Bauhaus par exemple. « Le sens de la mémoire, écrit Michel Draguet, le Directeur général des musées royaux de Bruxelles, n’est complet que si on l’accompagne d’une volonté d’influer sur l’avenir . »

Guy Gilsoul
Bruxelles, Musées royaux des Beaux-arts. 3, Rue de la Régence. Jusqu’au 27 janvier.

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