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LE PORTRAIT, UN USAGE SOCIAL DE LA PHOTOGRAPHIE. NARTHEX

lundi 28 janvier 2019

Quasiment dès sa naissance, la photographie se tourne vers le genre du portrait : portraits officiels, portraits de famille… voire même autoportrait, avec pour exemple l’autoportrait d’Hippolyte Bayard en « noyé » réalisé en 1840.

Invention du XIXe siècle, la photographie accompagne les évolutions d’une société qui se transforme, marquée en particulier par l’ascension de la bourgeoisie qui souhaite accéder à son tour à la reconnaissance de son statut. Avoir son portrait photographique, c’est alors construire et affirmer son individualité. Le portrait peint était réservé à une élite, le portrait photographique est un procédé industriel et commercial qui s’adresse à tout le monde. C’est ainsi que peu à peu se développe le vouloir paraitre, le culte de soi contre lequel Baudelaire s’est insurgé : « cette société immonde qui se rua, comme un seul Narcisse, pour contempler sa triviale image sur le métal. »
Si le portrait photographique peut se définir comme un « art de la personne », il est important de ne pas oublier que c’est également « un art de l’image ». En effet certains portraits nous invitent non seulement à la reconnaissance d’un sujet, mais aussi, à condition d’en prendre le temps, à une rencontre proche de la contemplation. « Je ne sais pas si la photographie est un art », disait Jean-Claude Lemagny, ancien conservateur du Département des Estampes et de la Photographie à la Bibliothèque nationale, « mais je sais que certains photographes sont des artistes ».


Françoise Paviot, consœur de Voir et Dire, poursuit sa brillante réflexion historique sur son blog à Narthex, jusqu’à Ann Mandelbaum que la blogueuse replace dans une optique spirituelle.